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La menace des Belphégor (info # 012901/10)
Par Guy Millière

Vendredi 29 janvier [07:00:00 IST]

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© Metula News Agency

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Les débats menés en France ces derniers temps sur la burqa sont porteurs de multiples régressions et suffiraient, à eux seuls, à montrer où nous en sommes dans ce pays.

 

Le premier élément que j’ai envie de souligner est l’absence d’humour. Certes, recourir au sourire lorsqu’il s’agit de quoi que ce soit qui touche à l’islam est potentiellement dangereux : les caricatures danoises de Mahomet ont provoqué des émeutes, des destructions multiples, des menaces de mort et une tentative d’assassinat récente sur la personne de Kurt Westergaard (le caricaturiste).

 

Les journaux et magazines en France qui ont publié les caricatures susdites ont été présentés comme empreints de bravoure. Il n’est pas du tout normal, et il est même très inquiétant que ce qui devrait relever de la pratique élémentaire du débat public devienne une exception, et soit présenté comme une forme d’héroïsme.

 

Ce qui serait normal est qu’il y ait davantage de caricatures. Je me souviens d’un temps où des chansonniers demandaient à monsieur le curé d’aller se rhabiller en homme : peut-être serait-ce encore envisageable concernant un prêtre, mais s’il s’agissait d’un imam, imaginez…

 

En ce qui me concerne, j’imagine parfaitement. Et je pense qu’une bonne façon de répondre aux burqas serait d’agir par le ridicule. Quand j’ai croisé, ces dernières années, des femmes vêtues d’une tente noire portative à la Belphégor et qui ne semblaient pas se diriger vers un terrain de camping, et quand ma fille la plus jeune me demandait de quoi il s’agissait, je lui répondais : c’est une dame qui joue au fantôme.

 

Je lui suggérais de réagir avec moi comme on le fait face aux déguisés un jour de Halloween : Houhou ! Houhou ! (ne pas oublier de prendre une voix caverneuse et tremblante). On pourrait aussi lancer des mouvements : en Iran, ces derniers mois, des hommes sont sortis voilés pour traiter par la dérision les obligations imposées par Khamenei et Ahmadinejad.

 

Pourquoi ne pas proposer des burqas transparentes et les offrir aux jeunes filles qui aiment la lingerie sexy pour se rendre en boîte de nuit le soir. La mini burqa serait elle-même très seyante : toute noire et couverte en haut, mais la tente de camping s’arrête au ras des fesses.

 





Où sont les femmes ?

Il ne s’agit pas du camping des Flots bleus en août, ni d’une réunion spectrale

 

Ce ne sont là que quelques idées qui me passent par la tête. Des internautes ont évoqué le film Ghostbusters, et la chanson du film pourrait être remise au goût du jour, sur un mode ludique. Je traduis la version originale : « S’il y a quelque chose d’étrange dans votre quartier, qui appellerez-vous ? Ghostbusters (les Chasseurs de fantômes) ! S’il se passe quelque chose d’étrange et si cela ne semble pas bien, qui appellerez-vous ? Ghostbusters ! ».

 

Le droit de porter des masques de carnaval toute l’année pourrait aussi se voir revendiqué : on trouve sur le Net facilement les modèles Batman ou Dark Vador ; le modèle Ben Laden n’est disponible que depuis l’étranger, mais est à même d’être acheté par les amateurs ; les nostalgiques peuvent trouver en solde des modèles Saddam Hussein.

 

Une tenue ridicule, dans une société de liberté, doit pouvoir être traitée comme telle. Mais la burqa n’est pas seulement une tenue ridicule, bien sûr, c’est aussi une tenue honteuse.

 

Le second élément que je me dois de souligner est que, voici quelques années, il s’agissait du voile islamique. Il s’agit maintenant de la burqa. Le discours semble être que le voile est accepté et considéré comme tout à fait normal, presque féministe disent certaines féministes, et qu’on est passé désormais à l’étape suivante.

 

D’étape en étape, il m’arrive de me demander ce que sera prochainement l’objet de discussion : l’excision, peut-être ? Le rapport parlementaire français inclut, de facto, des phrases telles que celle-ci : « Si vous demandez qu'on vous coupe un doigt, la personne qui vous l'aura fait ne pourra pas invoquer le fait que c'était à votre demande, et sera poursuivie. Si quelqu'un se coupe un doigt lui-même, il n'y aura aucune poursuite ».

 

Vous me direz qu’il est difficile de s’exciser soi-même. Mais si la personne concernée et qui, disons, se retrouverait à l’hôpital suite à une hémorragie, devait déclarer qu’elle s’est mutilée toute seule, tout serait dans l’ordre et la conformité, non ?

 

Ce qui me semble inquiétant, moi, est que nul ne se pose la question de ce que montrent, plus loin que le tissu, le voile ou la burqa, ou que nul ne se la pose de manière adéquate. Cette question ne renvoie pas à un choix, à une « pratique religieuse », à « une recherche d’identité personnelle », comme le suggèrent certains, mais à des dimensions beaucoup plus essentielles.

 

Il existe présentement en Europe une remise en cause des principes d’égalité de droit entre les êtres humains et des fondements mêmes de la liberté individuelle, et le vecteur principal de cette remise en cause est, effectivement, islamique.

 

Les cas d’excision en Europe sont encore relativement rares, comme les cas de lapidation. Par contre, d’autres pratiques sont moins rares : les mariages forcés comptabilisés par les associations traitant de ce sujet se calculent chaque année en dizaines de milliers.

 

Les viols et les viols collectifs existent, et les insultes sexistes et le harcèlement subis dans des zones de non-droit par des jeunes femmes d’origine musulmane « impudiques », puisque non voilées, appartiennent au quotidien.

 

Les cas où, dans un service d’urgence, un homme interdit à un médecin de sexe masculin de traiter une femme abondent. La quasi totalité des musulmans qui ont quitté l’islam [un « crime » puni de mort dans nombre de pays musulmans. Ndlr.] se taisent ou se cachent par peur de représailles, ou pour ne pas voir leur famille couper tous liens avec eux.

 

Ces remises en cause vont de pair avec d’autres tendances qui se disséminent dans l’air du temps : une remontée de l’antisémitisme, dont il devient de plus en plus difficile de dire qu’elle émane de la vieille extrême-droite, des réflexes conditionnés anti-américains et anti-israéliens, qu’on voit se manifester en quantité croissante sur les blogs.

 

Ils incitent divers media à s’autocensurer et à céder à l’intimidation, avec, pour résultat, que le silence règne sur certains faits, et que certains événements ne sont traités que sous un angle à même de ne pas susciter de protestations ou de menaces.

 

J’ai pu évoquer, dans une émission de télévision récente, le lavage de cerveau qui transforme les enfants de Gaza en futurs terroristes assoiffés de sang juif. Je considère que si on montrait au journal de vingt heures ce qu’est l’éducation selon le Hamas et, souvent, l’Autorité Palestinienne, le point de vue de nombre de braves gens sur le Proche-Orient serait très différent de ce qu’il est. On entendrait vite dire que les images ainsi montrées sont « islamophobes », bien sûr…

 

Ces tendances qui se disséminent font que le politiquement correct dont on parle si souvent inclut désormais une sous-catégorie qu’on peut appeler l’islamiquement correct.

 

Selon l’islamiquement correct, il y aurait un islam général, multiple, ouvert, tolérant, qui serait une religion de paix et de lumière, et il y aurait quelques groupuscules sectaires qu’il ne faut surtout pas qualifier de musulmans.

 

Il y aurait un « islam de France », très spécifique. Et il n’y aurait aucun lien entre islam et terrorisme : des gens tels que Ben Laden (s’il vit toujours) ou Zawahiri, étant des marginaux.

 

Ce qu’il me semble nécessaire de dire est que si l’islam est effectivement multiple, et si certains courants de l’islam sont effectivement tolérants (le soufisme, par exemple), si certains imams et intellectuels musulmans mènent des réflexions utiles, il n’en est pas moins indéniable que l’islam en son ensemble est, plutôt, en situation de blocage, depuis une dizaine de siècles.

 

C’est ce que me confiait mon regretté ami Fereydoun Hoveyda, qui avait beaucoup étudié le sujet et qui, à ma différence, était né musulman.

 

Ce qui doit être ajouté est que, si toute religion en tant que telle est respectable dès lors qu’elle reste dans le domaine de la religion, le problème inhérent à l’islam, en raison de ce blocage, et pour d’autres raisons explicitées par de nombreux islamologues, tels Bernard Lewis, est que celui-ci ne se limite pas être une religion, et comprend des dimensions économiques, politiques et culturelles.

 

Dimensions que de multiples organisations musulmanes qui ne sont pas toutes des sectes groupusculaires tentent de faire avancer.

 

Ce qui doit être souligné est qu’il n’y a pas d’islam de France, pas plus qu’il n’y a un islam de Belgique, du Danemark, du Luxembourg ou de la principauté de Monaco.

 

Et il faut tout ignorer de l’islam ou jouer (volontairement ou involontairement) le rôle de l’idiot utile pour oser dire qu’un islam de France existe. Il y a un islam pluriel, mais planétaire, et qui dispose d’ancrages.

 

L’un de ceux-ci est le monde musulman, et celui-ci dispose d’une organisation : l’OCI, Organisation de la Conférence Islamique. L’OCI n’est pas un groupuscule, non, puisqu’on y trouve les représentants officiels de cinquante sept Etats.

 

Les positions de l’OCI sont aisément accessibles sur le Net et, à mes yeux, se passent de commentaires. Ajouterai-je qu’il existe un grave déficit de démocratie, de liberté de parole, de liberté d’entreprendre dans l’immense majorité des pays de l’OCI, qui se trouvent être ceux où vivent neuf musulmans sur dix parmi ceux qui peuplent la terre ?

L’autre ancrage est constitué par le Coran et les hadiths. Et le Coran est censé être la parole de Dieu, à prendre à la lettre par tous les croyants.

 

Ce qui doit être dit, enfin, est que, comme cela ne cesse d’être ressassé parce que c’est une réalité, est que quasiment tous les attentats terroristes commis ces dernières années le sont par des musulmans.

 

Comme l’a déclaré le directeur de la station de télévision al Arabya lui-même, Abdel Rahman al-Rashad : « si tous les musulmans ne sont pas terroristes, presque tous les terroristes sont musulmans ».

 

Des gens que les tenants de l’islamiquement correct présentent comme des marginaux qui n’ont rien à voir avec l’islam n’oublient jamais de rappeler qu’ils prennent les textes sacrés comme ceux-ci demandent eux-mêmes à être pris : littéralement.

 

Et c’est un fait que le directeur d’al Arabya qualifiait d’ « inquiétant » et même d’ « effroyable ».

 

Ne pas oser en parler est, déjà, une façon de céder. Et ce n’est ni rendre service aux sociétés ouvertes dans lesquelles nous vivons, ni rendre service aux musulmans qui entendent regarder la réalité en face, que de céder.

 

J’écrivais, il y a une quinzaine d’années, que, parce que je suis un ennemi résolu de toute forme de racisme et de xénophobie, et parce que je prends au sérieux les droits de l’homme tels que définis par le libéralisme classique depuis le temps de John Locke, j’entendais contribuer à ce que vive et se déploie un discours critique vis-à-vis de l’islam. Et à tout faire pour que ce discours se déploie sans anesthésie. Je dois constater que ce discours vit et se déploie aujourd’hui bien moins encore qu’il y a quinze ans. Et je préfère ne pas définir ce qui se déploie en lieu et place de ce discours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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