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  Rédacteur en chef : Stéphane Juffawww.menapress.com
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FINUL : courage, fuyons ! (info # 010502/10) [Reportage photo]
Par Ilan Tsadik

Vendredi 05 février [11:14:00 IST]

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© Metula News Agency

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Rappel :

 

Le 29 décembre dernier, nous avions diffusé un scoop photographique montrant, à quelques mètres de la frontière israélienne, côté libanais, cette image d’une base permanente de la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban) [Voir Le poids des mots, les photos du déshonneur].

 

On y voyait deux blindés de l’ONU, ainsi qu’une guérite blanche, surmontée d’un drapeau du Hezbollah, un portrait de son chef, Hassan Nasrallah, et d’une plus petite photo, montrant les obsèques militaires d’un parachutiste israélien, tué par la milice chiite libanaise.

 





En superposition sur l’image des funérailles, on lisait en arabe : "Khitman ila zawal",





qui signifie en français "VOTRE EXTERMINATION EST CERTAINE !"

 

Abracadabra :

 

Il semble qu’à l’ONU on ait été plus troublé par l’article de la Ména qu’au sein de l’ensemble des rédactions ; les confrères, qui avait accueilli notre révélation par un tonnerre de silence.

 

En effet, en me promenant ce matin avec Nihya et Taz dans les vergers de Metula, en face de la position de l’ONU, je m’aperçus que la base de la FINUL, qui se trouvait là depuis de nombreux mois, avait tout bonnement... hum... disparu.

 





L’emplacement de la position de la FINUL ce vendredi matin

(Photo d’Ilan Tsadik © Metula News Agency)

 

On remarque que le drapeau du Hezbollah - une main verte tenant une Kalachnikov - n’y est plus non plus. On ne sait qui l’a enlevé.

 

Le scoop de décembre de la Ména a valu pas mal de boulot aux militaires des Nations Unies : non seulement ils ont dû démonter la guérite et l’emmener ailleurs, ce qui n’a rien d’un travail d’Hercule, j’en conviens, mais ils ont également remballé les tonneaux qui la protégeaient.

 

Des barils verts remplis de sable, que l’on distingue sur la première photo de cet article, destinés à sécuriser les occupants de la cabane blanche contre une éventuelle attaque au moyen d’un véhicule. Ca, c’est nettement plus lourd à déménager.

 

Mais pas question pour les vaillants guerriers de décrocher l’image de Nasrallah et, partant, l’appel à notre génocide. Courageux mais pas téméraires, les camarades. Je leur rappelle tout de même qu’ils sont les soldats de la "paix", et qu’un appel à un nouvel holocauste ne constitue pas précisément un message paisible.

 

Il est vrai que leur mandat, basé sur la résolution 1701 du Conseil de Sécurité, prévoit aussi le désarmement du Hezbollah et le contrôle des frontières, sur tout le pourtour du Liban, afin d’empêcher l’importation d’armes et de munitions pour les milices illégales.

 

Dans les faits, le Hezbollah est en train de transformer, en toute impunité, chaque village chiite du Liban-Sud en bastion fortifié, entouré d’autant de boucliers humains qu’il y a d’habitants dans l’agglomération concernée.

 

C’est maintenant que Goldstone devrait venir y jeter un œil ; lorsqu’il s’agira de relever les cadavres, ce sera inutile.

 

Question contrebande d’armes en provenance de Syrie, la FINUL n’a même pas tenté de s’y opposer. L’afflux de ces armes a transformé le gouvernement légal du pays aux cèdres en observateur, l’Iran en véritable maître des lieux, et fait en sorte qu’un conflit à son initiative paraît aujourd’hui inévitable.

 

Dans ces conditions, on ne peut considérer le démantèlement de la position en question que comme un excellent coup de pub pour la Metula News Agency. De quoi indiquer à nos lecteurs que nous ne sommes pas superflus, que tout le monde est influencé par notre travail, et que les resquilleurs qui n’ont pas réglé leur abonnement seraient bien inspirés de le faire sans attendre le prochain conflit.

 

Un merci chaleureux d’Ilan à notre agent publicitaire Ban Ki-moon, accessoirement 1er Secrétaire de l’ONU, notre meilleur vecteur de relations publiques !

 

Donc les militaires du contingent international ont levé le camp. Quoiqu’en y regardant de plus près, je me suis rendu compte...

 





(Photo d’Ilan Tsadik © Metula News Agency)

 

que ces Bayard des temps modernes n’avaient fait que s’éloigner un peu (d’une cinquantaine de pas) d’Hassan Nasrallah et de ses appels à notre assassinat collectif, histoire, uniquement, de demeurer politiquement corrects.

 

Les coquins se sont planqués dans les oliviers, afin de dissimuler leur présence à l’abri des abominables agressions photographiques de la Ména et de ses Canon.

 

S’ils avaient eu l’intention de se camoufler des regards et des Kalaches des fous de Dieu, ils se seraient cachés de l’autre côté des arbres. "Eh oui" aurait interjeté M. de La Palisse !

 

Mais on ne trompe pas si facilement l’œil d’aigle d’Ilan Tsadik, habitué depuis le biberon à démasquer ceux qui essaient de se confondre à la nature. D’ailleurs, nos lecteurs affûtés – les meilleurs, que la profession entière nous envie – auront remarqué, avant même que je ne le leur signale, que l’objet blanc que j’ai immortalisé dans la frondaison, n’est autre que la partie arrière du véhicule de droite sur la photo de décembre (ou un blindé du même modèle).

 

Mais à quoi bon se fatiguer à tenter de se soustraire à mon attention, quand, à moins de 500 mètres de là, un autre char de la FINUL monte la garde (mais contre qui ?) sous un autre poster de la milice chiite, surmonté de sa bannière au vent, celui-là ?

 





Au sommet d’une petite passe,

quatre Casques Bleus devisent tranquillement,

sans se rendre compte du danger, sous le slogan "Nakhnou almofajaat !",

littéralement : NOUS VOUS SURPRENDRONS !

(Photo d’Ilan Tsadik © Metula News Agency)

 

C’est à nous que c’est destiné, mais cela risque de les concerner aussi, s’ils oublient un seul instant l’attentat du Drakkar, perpétré par le même Hezbollah, en 1983, et qui coûta la vie à 58 paras français.

 

Avant de vous laisser, de manière intérimaire aussi, je tiens à préciser que les militaires de la FINUL ne sont pour rien dans ces actes de grande lâcheté. En dépit de mon espièglerie naturelle, je tiens beaucoup à ne pas stigmatiser des personnes qui ne sont pas responsables de ce dont je parle.

 

Ils exécutent strictement les ordres qui sont pris à l’échelon politique. Pas uniquement à Manhattan, au siège de l’ONU, mais également à la tête des Etats fournissant des hommes au contingent international.

 

Ceux qui croyaient que leur ordre de mission était dicté par les résolutions du Conseil de Sécurité font les frais de leur naïveté. Mais alors, il est nécessaire de préciser que ces militaires ne sont pas les soldats des Nations Unies, bien qu’ils en revêtent l’uniforme.

 

Et Israël s’est fait posséder en acceptant de terminer son opération au Liban, en 2006, suite à l’assassinat de huit de nos garçons par le Hezb, contre les promesses des membres permanents du Conseil de Sécurité, à commencer par la France, instigatrice de la 1701, de faire prévaloir les termes de cette résolution.

 

Michaël Béhé, à Beyrouth, à qui j’ai présenté ce petit reportage en avant-première, juge que l’affaire de la trahison de la 1701 lui coûte bien plus que cela, s’agissant de l’indépendance de son pays, de sa liberté et de la sécurité des siens.

 

Il m’a informé qu’il s’en ouvrirait prochainement à nos lecteurs à l’occasion d’un article. Un papier qu’on aurait tort de manquer.

 

 

 

Note technique :

 

[1] Les photographies que nous avons prises ont dû être considérablement réduites afin d’être diffusées aux lecteurs de l’agence et de pouvoir figurer sur le site Internet de la Ména.

 

 

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